Dégradation de la montagne et réchauffement climatique

HautGiffreConcertationDégradation de la montagne et réchauffement climatique

Home Forums Loisirs et tourisme Dégradation de la montagne et réchauffement climatique

Ce sujet a 0 réponse, 1 participant et a été mis à jour par  Jean-Pierre Corniou, il y a 2 ans et 9 mois.

Affichage de 1 message (sur 1 au total)
  • Auteur
    Messages
  • #2808

    Jean-Pierre Corniou
    Admin bbPress

    Dans les Alpes, le réchauffement climatique fait dévisser les montagnes
    Quatre morts pour le seul mois d’août à cause d’effondrements de pans entiers de roches. Ce phénomène de plus en plus courant défigure les paysages et inquiète guides alpins et spécialistes de la haute montagne.

    LE MONDE | 24.08.2018 à 14h58 • Mis à jour le 27.08.2018 à 06h38

    Réagir AjouterPartager (4 270)Tweeter
    La plateforme de l’Eggishorn offre une vue panoramique sur le glacier d’Aletsch, en Suisse.
    Ni imprudence ni erreur fatale du débutant, juste la faute à un rocher qui s’est décroché au mauvais moment, au mauvais endroit. Le 3 août, Olivier Bonnet est mort tandis qu’il pratiquait l’alpinisme accompagné d’un guide renommé dans le massif du Mont-Blanc, du côté de la dent du Géant (4 013 m). Olivier Bonnet était une personnalité à Chamonix (Haute-Savoie), le patron de la marque Simond, implantée dans la région depuis cent cinquante ans et spécialisée dans le matériel de montagne et d’escalade. Il disait : « J’aime la montagne 365 jours par an. »

    Cette année encore, il fait trop chaud et trop sec dans les Alpes. Des températures parfois proches de zéro au sommet du mont Blanc (4 810 m), des 35 °C à Chamonix (1 000 m) et des montagnes qui partent en miettes s’en retrouvent défigurées et sont de plus en plus dangereuses pour l’homme. Partis le 7 août, trois Italiens, deux frères et la compagne de l’un des deux, ont aussi trouvé la mort dans le couloir Chevalier, le sol s’étant, semble-t-il, dérobé sous leurs pieds. Les gendarmes partis à leur recherche ont raconté s’être fait « mitrailler de pierres ».

    Le permafrost se détériore

    La dégradation du permafrost, c’est l’autre traduction dramatique, moins connue que la fonte des glaciers, du réchauffement climatique sur les hauts sommets. Le permafrost désigne un sol ou une roche dont la température se maintient en dessous de zéro degré sur de très longues périodes. En haute montagne, il permet la création de glace qui joue le rôle de ciment dans les fissures des parois. Or, depuis plus d’une quinzaine d’années, le permafrost se réchauffe et déstabilise les parois, qui se décrochent.

    Lire aussi : Le dégel du permafrost, l’autre menace climatique qui inquiète les chercheurs

    Parfois, un simple rocher tue des alpinistes chevronnés. D’autres fois, des pans entiers de montagne se détachent, arrachant tout sur leur passage. Comme en Suisse, le 23 août 2017 : trois millions de mètres cubes sont tombés sur le glacier situé en dessous, provoquant une avalanche rocheuse, puis une coulée de boue de six kilomètres qui a dévasté le village de Bondo. Heureusement, grâce à un système d’alerte mis en place par les autorités, les habitants ont pu être évacués à temps. Mais huit randonneurs ont été emportés par la vague.

    L’orage menace en cette fin d’après-midi d’août à Argentière, village de carte postale qui domine Chamonix. Il fait 30 °C à 1 250 m d’altitude. Ambiance pesante dans la salle où Ludovic Ravanel, 36 ans, membre de la Compagnie des guides de Chamonix et chercheur au CNRS, détaille les raisons de la dégradation du permafrost. Il diffuse des vidéos terrifiantes, des millions de mètres cubes de roches qui dévalent des flancs de montagnes en Alaska, en Nouvelle-Zélande, dans les Alpes… Les spectateurs poussent des cris d’effroi.

    SUR L’EMBLÈME DE LA COMPAGNIE DES GUIDES DE CHAMONIX FIGURE UNE MONTAGNE QUI N’EXISTE PLUS TELLE QUE DESSINÉE : LES DRUS.
    Ludovic Ravanel est originaire du village. Des Ravanel, on en recense depuis l’an 1360 dans la vallée. Il détaille des courbes de température qui s’affolent. « On assiste à des pétages de scores. » Plus 2,1 °C à Chamonix en soixante-dix ans, peut-être 6 ou 7 autres degrés d’ici à la fin du siècle. Sachant que les milieux montagneux se réchauffent deux à trois fois plus vite que le reste de la planète, que va-t-il rester des Alpes ?

    Le guide-chercheur montre des glaciers qui ont tout simplement disparu. « Tout ce patrimoine est en train de fondre. » Puis une autre courbe, le nombre d’écroulements – on ne parle plus d’éboulement au-delà d’un volume de chutes de pierres ou de blocs supérieur à 100 m3 – décomptés ces dernières années dans le massif du Mont-Blanc, jusqu’à 160 certains étés : comme par hasard, celle-ci accompagne fidèlement l’augmentation des températures. Une cordée à deux, solidement accrochée, qui fonce vers les sommets. « J’espère ne pas avoir trop plombé l’ambiance », conclut-il en souriant.

    Sur l’emblème de la Compagnie des guides de Chamonix figure une montagne qui n’existe plus telle que dessinée : les Drus. Les Chamoniards assurent que par sa forme effilée et triangulaire, par son granite, ils les incarnent bien davantage que le mont Blanc qu’ils surnomment « la taupinière ». En 2005, deux ans après la grande canicule de 2003 et alors qu’on étouffe à nouveau, l’impensable se produit. Un peu comme si Notre-Dame de la Garde ou la tour Eiffel s’écroulait : en quelques secondes, un pan entier de la face sud-ouest des Drus s’effondre et avec lui 300 000 m3 de granite, formant au sol un champignon nucléaire inversé.

    « A VOIR COMMENT LA SOCIÉTÉ DANS SON ENSEMBLE S’EST EMPARÉE DE LA MONTAGNE ET L’A TRAITÉE, QUE ÇA SE CASSE LA GUEULE, FINALEMENT C’EST LOGIQUE. ON N’A QUE CE QU’ON MÉRITE »
    DENIS DUCROZ, GUIDE ET ÉCRIVAIN
    Sylvain Coutterand, docteur en géographie alpine, auteur du récent Atlas des glaciers disparus (éditions Paulsen), se souvient d’une forêt recouverte de plusieurs millimètres de poussière et d’un fracas entendu jusque dans la vallée. Le pilier Bonatti n’a pas résisté. Cette paroi devait son nom à celui qui l’avait conquise en 1955 au terme d’une des plus mythiques ascensions de l’histoire de l’alpinisme. En 2005, Walter Bonatti, immense grimpeur italien, a 75 ans et il voit disparaître « son » pilier de son vivant. « On ne pensait pas que ça puisse arriver, se désole Sylvain Coutterand. Les géologues du monde entier n’en croyaient pas leurs yeux. »

    A près de 70 ans, le guide et écrivain Denis Ducroz ne décolère pas : « Avec le pilier Bonatti, c’est un pan de ma vie qui est parti. Ça fait des années qu’on dit que la montagne est un indicateur sensible du réchauffement climatique. Mais personne n’a voulu le croire. Vu mon âge, je suis bien content de ne plus avoir à aller là-haut. Ce devrait être magnifique et recouvert de neige et de glace : c’est sec, moche, sinistre et aride. Mais tout le monde s’en fout. A voir comment la société dans son ensemble s’est emparée de la montagne et l’a traitée, que ça se casse la gueule, finalement c’est logique. On n’a que ce qu’on mérite. »

    La chute du pilier Bonatti est vécue comme le signe annonciateur de plus grands malheurs à venir. Douze ans après, en septembre dernier, l’éperon Tournier s’effondre lui aussi, déversant 44 000 m³ de roches dans le vide. Ludovic Ravanel s’inquiète désormais de voir le permafrost se dégrader vers 3 500 m, ce qu’il n’aurait pas imaginé il y a peu.

    Août devient le mois de tous les dangers. Chose incroyable il y a seulement quelques années, la pratique de l’alpinisme s’avère dorénavant plus périlleuse en été qu’en hiver. « J’ai toujours vu les montagnes tomber, tente de relativiser Catherine Destivelle, qui fut le plus grand nom de l’escalade française au féminin. On l’accepte, comme l’idée de la mort. Elles aussi ne sont que de passage. » Mais elle avoue qu’elle ne s’aventure plus là-haut en août. « J’ai peur. Ça s’écroule partout. A Tête Rousse, ça tombe tous les trois jours. Et pas des petits rochers, des tables entières ! C’est horrible. »

    Le couloir du Goûter, un vrai coupe-gorge

    On part avec Sylvain Coutterand observer de près la cicatrice laissée par la disparition du pilier Bonatti et ses 700 mètres de hauteur, plus de trois fois la tour Montparnasse. Arrivé au Signal de Forbes (2 198 m, belvédère somptueux sur la mer de Glace et les Drus), le scientifique, qui n’est pas du genre à dramatiser à outrance, soupire : « Je ne veux pas faire de scénario catastrophe mais tout cela est très inquiétant. Et désolant. Ce qui me rend le plus triste, c’est d’assister à la disparition de paysages que j’ai connus. On ne parle plus des photos que prenaient mes grands-parents mais bien d’avoir la nostalgie de ce que j’ai vu et qui n’existe plus. »

    La grotte de glace de la mer de Glace, à Chamonix.
    On marche encore. Soudain, comme pour souligner que la destruction se déroule en temps réel, retentit comme une série d’explosions. Le bruit semble venir de tout près, de la face nord de l’aiguille du Midi, qui surplombe Chamonix. D’énormes blocs de pierres viennent de se détacher peu avant le sommet. Stupéfaits et effrayés, on les contemple qui dévalent la pente et en emportent d’autres sur leur passage dans un énorme nuage de fumée. Le bruit se fait de plus en plus fort, puis, par miracle, la chute est stoppée par d’autres rochers mieux accrochés.

    EN 1973, LE LIVRE DE GASTON RÉBUFFAT DÉNOMBRAIT « LES 100 PLUS BELLES COURSES DANS LE MASSIF DU MONT-BLANC » « IL N’Y EN A PRATIQUEMENT PLUS UNE SEULE QUI SOIT FAISABLE », SE DÉSOLE DAVID AUTHEMAN, GUIDE DE HAUTE MONTAGNE
    Non loin de là, la voie normale d’accès au mont Blanc par le couloir du Goûter est devenue un vrai coupe-gorge. Fait exceptionnel, alors que la région déborde de candidats au sommet (jusqu’à 20 000 par an), la Compagnie des guides de Chamonix et celle de Saint-Gervais ont décidé de ne plus l’emprunter jusqu’à nouvel ordre. Plus de 100 morts et 230 blessés depuis 1990 pour un passage de 100 mètres de large seulement. « Indiquez-moi une route nationale avec une telle mortalité ! », s’exclame Blaise Agresti, qui commandait le peloton de gendarmerie de haute montagne, le fameux PGHM. Reconverti dans le privé, il emmène régulièrement en excursion des chefs d’entreprise. Mi-juillet, une lame de glace s’est décrochée et a failli l’écraser. « Je n’avais jamais vu ça de ma vie. » Tout s’est joué à deux mètres près.

    « On ne vit actuellement que les prémices d’un grand changement. La nature, que nous avons tant déréglée, nous rappelle au final que c’est elle qui commande. Les alpinistes ont voulu tout conquérir mais la montagne nous dit que désormais, certains sommets, certaines voies ne seront plus accessibles ou quasiment plus. Peut-être qu’il n’y aura bientôt qu’une fenêtre d’une dizaine de jours l’été pour gravir certains sommets des Alpes, comme dans l’Himalaya. En tout cas, j’y vois un tournant dans l’histoire de l’alpinisme. On va arrêter de prendre le Mont-Blanc pour un bien de consommation ordinaire à la portée de tous. »

    Le cadavre de la mer de Glace

    Il faut voir la tête dépitée des estivants qui débarquent (pour combien de temps encore ?) à grands frais à la mer de Glace et cherchent en vain le glacier, dont le cadavre repose enseveli sous la caillasse grise et sale. Il faut entendre la colère de David Autheman, guide de haute montagne et créateur du site TVMountain.com, évoquant le livre mythique de Gaston Rébuffat qui dénombrait en 1973 Les 100 plus belles courses dans le massif du Mont-Blanc : « Il n’y en a pratiquement plus une seule qui soit faisable. La neige et la glace l’été, c’est fini ici ! C’est une catastrophe à laquelle on n’a même pas eu le temps de s’habituer tellement ça va vite. Je sais bien que c’est un phénomène mondial mais on aurait pu essayer de faire de Chamonix un sanctuaire écologique. On n’a rien fait ! Certains devraient ramper sous terre au lieu de se pavaner. »

    Lire aussi : La marche en avant du réchauffement

    Bien sûr, David Autheman n’ignore pas que c’est à l’échelle de la planète que l’homme a perturbé le climat au point de faire s’écrouler les montagnes. Mais comme quelques-uns à Chamonix, il ne peut s’empêcher de penser qu’ici, avec les 550 000 camions qui empruntent chaque année le tunnel du Mont-Blanc, la vallée de l’Arve aussi polluée que le périphérique parisien, le centre-ville de Chamonix envahi par les énormes 4 × 4 et la surexploitation des montagnes, rien n’a été fait pour arranger les choses.

    Sur les hauteurs de la ville, chez son ami Xavier Chappaz, ancien président de la Compagnie des guides, un bouc frappe rageusement contre une cloison de bois. Des chèvres, un cheval, des poules, des ruches, une merveille alpestre. Et puis, parfois plusieurs fois par jour, le fracas des éboulements à l’aiguille du Midi. « Il faudrait être complètement fou pour croire qu’on pourra contenir la nature. » Lui aussi estime que la situation actuelle oblige à remettre en question la façon de vivre et de concevoir une montagne « qui souffre, et moi je souffre pour elle. Personne ne veut parler de l’avenir de l’aiguille du Midi ou du refuge du Goûter. Mais il va bien le falloir un jour ». Prouesse architecturale située sur la voie normale au sommet de l’Europe, le refuge déborde de clients l’été, malgré le risque d’écroulements. Faudra-t-il le fermer un jour ?

    Pas de mesures drastiques

    L’aiguille du Midi se gagne à l’aide d’un téléphérique qui transporte à plus de 3 800 m d’altitude 500 000 visiteurs par an. A raison de 61,50 euros par adulte. Une poule aux œufs d’or pour Chamonix et la Compagnie du Mont-Blanc qui l’exploite, comme le train du Montenvers qui mène à la mer de Glace. Ici, la mairie réfléchit bien à déplacer les deux buvettes du glacier des Bossons, mais le cas de la très lucrative aiguille du Midi demeure compliqué à évoquer. Actuellement, son sort n’inquiète pas Ludovic Ravanel, qui rappelle que le sommet est placé sous surveillance et qu’il se trouve trop haut pour que l’état du permafrost ne s’y dégrade. « Mais peut-être que dans dix ans je serai abasourdi par l’évolution de la situation. »

    Le chercheur a commencé à rédiger une carte des sites à risques de la région mais il ne l’a pas transmise au préfet de Haute-Savoie (qui ne l’a pas réclamée), de peur que celui-ci n’interdise l’accès à toute la montagne. « Je suis un chercheur, pas un fonctionnaire ayant reçu mission du préfet ni un employé de la Compagnie du Mont-Blanc », se justifie-t-il. Par conséquent, le document dort dans un tiroir. « Ludovic a tort, le propre des autorités administratives, c’est de ne rien faire », ironise Blaise Agresti, qui se souvient qu’une autre étude des risques n’avait débouché sur aucune mesure de la part de l’Etat. A la différence des Suisses, qui surveillent de près trains de montagne, fermes, habitations, remontées mécaniques et installations électriques menacés par les écroulements, les Français se voileraient-ils la face ?

    Lire aussi : Avec le réchauffement climatique, les Alpes s’affaissent

    A la mairie de Chamonix, où l’on travaille à partir d’un plan de prévention des risques réalisé par l’Etat il y a seize ans, Jean-Marc Bonino, directeur du développement durable du territoire de la communauté de communes de la vallée de Chamonix Mont-Blanc, indique que deux programmes européens de recherches surveillent l’érosion des sommets. Le plus grand paravalanche d’Europe, celui du glacier de Taconnaz, a été renforcé pour retenir 2,5 millions de mètres cubes de glace et de roches. De nombreux itinéraires d’accès aux refuges ont été modifiés en raison du danger.

    « A MIDI-PLAN, DES BLOCS QUE L’ON PENSAIT FIABLES, BIEN ACCROCHÉS, BASCULENT. UN GARS EST PASSÉ AU MAUVAIS MOMENT, IL A ÉTÉ ÉCRASÉ »
    CLAUDE JACCOUX, ALPINISTE
    « La question des écroulements constitue une préoccupation grandissante depuis une dizaine d’années », reconnaît Jean-Marc Bonino. Et l’aiguille du Midi, dont la sécurité dépend de la Compagnie du Mont-Blanc et de la Ville ? « Il faudra sans doute y prendre un jour des mesures drastiques mais quand ? Je ne sais pas le dire. » On lui fait alors remarquer qu’il ne parle pas au conditionnel mais au futur. Il s’en sort par une prise d’escalade improvisée : « Le futur, ce peut être long. »

    De chez Claude Jaccoux, 85 ans, une sommité dans le monde de la haute montagne, la vue est imprenable sur ce qu’il reste du glacier des Bossons. « Ce n’est pas une vue de l’esprit, je l’ai vraiment vu fondre à l’œil nu. » Il a voyagé dans le monde entier, gravi le mont Blanc pour la première fois à l’âge de 13 ans et connu une « montagne stable ». Il porte un pantalon de la marque Simond. « Ces courses que j’adorais, plus esthétiques que vraiment dangereuses, ne sont plus faisables en été. » Pas du fait de son grand âge, puisqu’il grimpe toujours… « Aux arêtes de Rochefort, un copain guide m’a raconté comment la roche, qui était là de toute éternité, s’est décrochée d’un coup et a emporté une bonne partie de la cordée. A Midi-Plan, des blocs que l’on pensait fiables, bien accrochés, basculent. Un gars est passé au mauvais moment, il a été écrasé. »

    Lire aussi : Dans les Alpes, le crépuscule des géants blancs

    Assis dans son fauteuil Charles et Ray Eames, il cite des accidents graves, des décès là où, il n’y a pas si longtemps, on faisait passer les débutants. « Au Triangle du Tacul, on marchait sur du solide, sur de la bonne glace. Maintenant, c’est sale, le granite pur est recouvert par de l’instable, de la caillasse terriblement dangereuse. Certes, les aiguilles du massif du Mont-Blanc se sont faites comme ça, avec des chutes de pierres, donc il faut relativiser. Mais là, à la vitesse où ça dégringole et quand on sait pourquoi, on se dit qu’on est vraiment des assassins de la nature. »

    Alexandre Duyck

Affichage de 1 message (sur 1 au total)

Vous devez être connecté pour répondre à ce sujet.